L'avez-vous remarqué, l'expression " sa va ?" tend à se répandre : est-ce correct ?

La mission de vie : interview de Nico Pène

Les 3 leviers qui m'ont permis d'apprendre de manière efficace

Leviers pour bien apprendre
Leviers pour bien apprendre
Je partage une réflexion que je me suis faite dernièrement en matière d’apprentissage. Tout part de mon expérience personnelle, une situation réelle que je viens de vivre ces dernières semaines. Cette expérience me permet de valider trois théories que je partageais déjà quant aux conditions qui favorisent l’apprentissage. 
Dernièrement, j’ai créé mon site : j’ai dû rédiger le contenu, créer les pages, prendre en main la plateforme pour y déposer ma formation, comprendre la base du marketing etc. Rien d’exceptionnel me direz-vous sauf que, je n’ai aucune base en informatique. Je travaille régulièrement sur mon PC mais je fais souvent les mêmes tâches, et pour tout changement, j’appelle vite au secours car je suis perdue ! Je n’ai aucune confiance en moi car je ne comprends pas et ne maîtrise pas les fonctionnements de base. Pourtant en quelques semaines, j’ai réussi à créer ce site alors que je m’en sentais totalement incapable. Alors, en tant qu’experte en apprentissage, j’ai pris du recul et j’ai tenté de répondre à cette question : qu’est-ce qui m’a permis de tenir, de franchir les nombreux obstacles rencontrés tout au long de ces dernières semaines? 
                                 
Après réflexion, je peux avancer 3 choses : 

Fixer son pourquoi

  •  Mon objectif était clair et j’avais la ferme intention de l’atteindre. Je voulais créer ce site et pouvoir être autonome dans son utilisation. J’avais mon POURQUOI. Le POURQUOI est essentiel. Sans connaître vraiment les raisons pour lesquelles on se lance dans un apprentissage, surtout quand il s’agit d’un domaine que l’on ne maîtrise pas bien, c’est très difficile de garder la motivation. Les difficultés vont forcément apparaître et sans ce pourquoi, elles risquent de nous faire flancher.
Pour bien comprendre, faisons une analogie avec une situation que vous avez sûrement vécue

Un jour, vous vous levez et vous décidez de partir courir. Vous ne vous fixez pas de but précis, vous ne savez pas où vous allez, ni combien de temps vous partez. Il est fort probable qu’à la moindre douleur ou tout autre incident, vous vous arrêtiez. 

Imaginons maintenant que vous ayez la ferme intention de vous sentir mieux, de retrouver plus de vitalité ( = votre POURQUOI) et que vous décidiez d’aller courir. Avant de partir, vous vous dites : « ok, j’ai la ferme intention de me sentir mieux et pour cela, je vais courir minimum 15 mins et je fais minimum 3 tours de piste ». 
D’après vous, quand quelle situation avez-vous plus de chance de persévérer ? 
Déterminer son POURQUOI augmente fortement les chances d’aller au bout de tout effort ou de tout apprentissage
Pendant mes quinze ans au sein de l’Education Nationale en Lycée Professionnel, j’ai vu des jeunes arrivés meurtris, découragés par tous les échecs vécus au collège et parfois même, en primaire, mais qui réussissaient à remonter la pente, à se retrouver parfois premier de la classe car ils avaient un projet professionnel clair : ils avaient leur POURQUOI.

                                        .................................................................................................................................................................................................

Obtenir des feedbacks réguliers

  • Je pouvais demander de l’aide et j’ai eu des feedbacks réguliers. Comme je l’ai précisé ci-dessus, je n’ai pas les bases en informatique donc je me sens facilement perdue. Je n’ose pas prendre d’initiative de peur de me tromper, tout me semble compliqué et quand on tente de m’expliquer, je ne comprends pas toujours, ou vaguement, car je ne donne pas de sens au vocabulaire utilisé, aux diverses notions etc. J’ai rencontré de nombreuses difficultés ces dernières semaines, j’ai souvent été bloquée mais, j’ai été fortement soutenue. A la moindre difficulté, un simple mail et dans la demi-journée, j’avais la solution pour continuer. Le plus souvent, je comprenais les explications mais parfois, non. Par contre, je n’ai jamais eu le temps de baisser les bras, de me décourager comme cela aurait pu être le cas si j’avais dû passer des heures à tenter de résoudre des choses que je ne comprenais pas. Et si cette même difficulté se présentait un peu plus tard, il m’arrivait de savoir la résoudre sans aide . Parfois, le déclic ne se fait pas sur le moment, le cerveau a besoin de plus de temps.Donc j’ai vraiment pris conscience de l’importance de se sentir soutenu et d’avoir des feedbacks réguliers quand on apprend de nouvelles choses dans un domaine que l’on ne maîtrise pas.
On a tendance à penser qu’il faut laisser les jeunes « galérer » en classe quand ils ne savent pas faire un exercice. Je ne pense pas. Bien sûr, il ne s’agit pas de tout faire à leur place. Bien sûr, ils doivent d’abord tenter de trouver par eux-mêmes mais quand ils sont vraiment bloqués, il me semble important de les aider pour ne pas qu’ils se démotivent. Vous savez quoi ? Je suis intimement convaincue que personne ne fait exprès de ne pas savoir faire quelque chose. Personne prend du plaisir à échouer. ( je ne parle pas des personnes qui n’apprennent jamais rien et qui ne s’investissent pas du tout mais, de celles qui font de leur mieux mais qui rencontrent des difficultés) 
 Donc, aujourd’hui, j’affirme que pour apprendre sereinement et avancer en confiance, l’aide et les feedbacks sont essentiels.

                                              .................................................................................................................................................................................................

Bénéficier d'un environnement bienveillant

  • J’aurais pu être accompagnée de manière neutre, comme un SAV quelconque. En plus d’être soutenue, j’ai bénéficié d’un environnement bienveillant. J’ai régulièrement entendu des phrases telles que : « c’est normal que tu n’y arrives pas de suite, « non, là , c’est pas ça, regarde comment je fais », « fais-le et je vérifie », « tu ne me déranges pas », « n’hésite pas à demander », « ne reste pas bloquée », etc. Dans son livre « Heureux d’apprendre à l’école », Catherine Gueguen, pédiatre, spécialisée dans le soutien à la parentalité, cite une étude réalisée par John Hattie, lui-même chercheur à l’université de Melbourne, qui montre comment « l’activité neuronale - et par conséquent l’apprentissage - augmente en présence d’émotions positives, et à l’inverse ralentie en présence d’émotions négatives ou de stress élevé ». Comme Catherine Gueguen le souligne, il ne s’agit pas de toujours complimenter. Les compliments ne conduisent pas à l’autonomie, ils donnent une motivation extrinsèque (qui vient de l’extérieur) et rendent dépendants. Mais il s’agit de mettre en place un environnement bienveillant dans lequel l’apprenant puisse « acquérir progressivement une profonde connaissance de soi, être conscient de ses failles, de ses capacités, qu’ils sachent accueillir comme normaux les erreurs et les échecs, qu’il expérimente, se décourage et reparte ».
 Voici le troisième point que je voulais souligner. J’ai tenu malgré les difficultés car je me suis sentie respectée, et non jugée. Je n’ai jamais senti de doute de la part de mes coachs quant à mes aptitudes à réussir alors que je bloque parfois sur des éléments qui doivent leur sembler basiques , alors que je pose deux, voire trois fois la même question. J’ai gardé confiance car je percevais leur confiance.  

                                               .................................................................................................................................................................................................
Aujourd’hui formatrice pour adulte, je suis ravie de continuer à apprendre, à me former car ainsi j’expérimente les théories que j’apporte à mes stagiaires qui se lancent eux aussi dans un nouvel apprentissage. Cette dernière expérience m’a permis d’en valider 3 : définir son pourquoi, obtenir un soutien bienveillant et avoir des feedbacks réguliers aide à mieux apprendre et à ne pas abandonner lorsque l'on se lance dans un domaine non maîtrisé.

Voir aimeriez aussi

Bien mémoriser, étape 1 : le pouvoir de l'intention

De nombreuses personnes affirment qu’elles ne retiennent rien, et se disent : « c’est comme ça, je ne fais pas partie de ceux qui ont de la mémoire ».???? Pensez-vous vraiment qu’il existe des cerveaux programmés à bien mémoriser et d’autres non ? H …

Un outil ludique pour bien apprendre : les flashcards.

En ce moment, je cherche des jeux, des activités pour faciliter l’apprentissage des règles d’orthographe de manière ludique. Dans cette recherche, j’ai forcément repensé aux flashcards ! On pourrait parler de cartes mémoire mais elles sont plus conn …

Bien mémoriser : étape 5 "utiliser, répéter"

Qui parmi vous se souvient de toutes les formules de math vues en classe, de toutes ces dates apprises en Histoire ?  Que nous reste-t-il de tout ce que nous avons appris à l’école ? Honnêtement, pour la majorité d’entre nous, pas grand-chose …  C’es …

Vos réactions (1)

Merci Christel, ça fait toujours du bien de te lire !
Elsa

par Visiteur , il y a 2 ans

Nouveau commentaire


Flux RSS des commentaires

L'avez-vous remarqué, l'expression " sa va ?" tend à se répandre : est-ce correct ?

La mission de vie : interview de Nico Pène